vendredi 22 mai
La ville s’éveillait, on ouvrait les barrières.
J’ai vu entrer une femme, étoile dans ce faubourg,
Illuminant ma nuit mieux que l’astre du jour
Ne fait éclore dans l’aube une rose trémière.
Ayant passé le pont, dans l’ombre de la Tour
Elle apparut soudain, grande, noble et altière.
Son visage rayonnant baignait dans la lumière
Qui donnait aux choses la douceur du velours.
Un éclair de ses yeux vint blesser ma paupière
Allumant dans mon coeur une passion singulière
Et fit naître ce chant d’un pauvre troubadour :
« Quel sort m’as-tu jeté, princesse ou bien sorcière,
Pour que ma vie ne soit qu’espérance et prière
Pour toi, belle inconnue dont j’attends le retour ? »
********************
Qu’est-ce que le désir
Subtil cocktail de confiance en soi, de complicité et de molécules, il apparaît en un clin d'oeil. Mais peut s'envoler aussi vite...
Ce peut être en voyant sa moitié, au petit matin, sur les draps froissés. Ou lors d’un échange de regards à un dîner entre amis. Ou encore après avoir passé une bonne journée avec les enfants. Comment naît le désir?…
Chacun a ses raisons que la raison ignore. « C’est un cocktail biologique, psychologique et existentiel», répond la psychothérapeute Esther Perel. Un jeu entre les hormones, le rapport à l’autre et à soi-même. Dans cette alchimie, les sens mènent souvent la danse, et pour les affoler, rien ne vaut le toucher.
Une caresse, et 87 % des personnes, hommes comme femmes, fondent, selon une enquête du laboratoire Lilly. Truffée de récepteurs sensoriels, la peau ainsi effleurée entraîne la libération, dans le cerveau, d’ocytocine et d’endorphines, médiateurs de l’attachement et de la relaxation.
La vue fait aussi son effet, même si les femmes y sont deux fois moins sensibles que les hommes: 27% contre 53 %!
Mais selon le sexologue et anthropologue Philippe Brenot, qui a interrogé 3 000 femmes, « l’odorat est le plus sulfureux de tous les sens ». En effet, contrairement aux autres stimuli sensoriels, les informations olfactives ne passent pas par le sas du thalamus. Elles filent direct vers l’amygdale, structure phare des émotions. Puis gagnent l’hippocampe, impliquée dans la mémoire. Et marquent donc durablement le cerveau de leur empreinte.
Un timbre de voix, une parole, un sourire, des petits riens extérieurs peuvent donc déclencher le désir. Mais pas seulement: une émotion interne, un souvenir agréable ont aussi ce pouvoir. Cependant, les femmes n’ont pas toujours conscience de ce qui a attisé leur élan sexuel.
En novembre 2008, Stéphanie Ortigue et Francesco Bianchi-Demicheli, professeurs à l’université de Genève, ont montré des photos d’inconnus à des volontaires équipées d’électrodes et leur ont demandé ce qu’elles éprouvaient. D’après les électroencéphalogrammes, en cas d’attirance, les zones concernées s’embrasent en 150 millisecondes, bien avant que le désir parvienne à la conscience. Selon les chercheurs, cette pulsion naît donc par des phénomènes automatiques, notamment des associations à des souvenirs. Mais toutes les femmes ne sont pas égales.
En février 2012, le même duo de chercheurs a ausculté le cerveau des femmes lorsqu’elles regardaient des images érotiques. Or, chez les volontaires à la libido vacillante, le sang afflue moins vers les zones impliquées dans les émotions. A l’inverse, les régions liées aux fonctions cognitives supérieures s’emballent. En clair: ces femmes cogitent trop, par exemple sur leurs complexes.
« D’autres facteurs interviennent, complète Sylvain Mimoun, gynécologue. Ainsi, la mémoire du corps : plus une femme a l’habitude d’éprouver du désir et de faire l’amour, plus elle retrouve facilement les chemins menant à l’excitation. De plus, le taux de testostérone varie selon les individus. » Or cette hormone, sécrétée par les femmes en moins grande quantité que par les hommes (40 à 60 % de moins), est indissociable du désir.
A l’envoi d’un stimulus, une tempête se déclenche sous le crâne féminin
Ce n’est d’ailleurs pas la seule à jouer un rôle primordial dans la mécanique de l’attirance. En effet, lors de l’envoi d’un stimulus (caresse, regard), une tempête se déchaîne sous le crâne féminin. Le cerveau libère de la dopamine, hormone et neurotransmetteur indispensable au plaisir, puis le flot gagne le striatum ventral, une structure impliquée dans le circuit de la récompense. Ce système, qui s’active aussi quand nous mangeons, pousse à réitérer les actions ayant mené aux plaisirs déjà savourés. Enfin, la dopamine inonde l’amygdale, siège de la mémoire émotionnelle, le cortex préfrontal, clé de la réflexion, et le noyau accumbens, qui pousse à l’action.
La femme, transie de désir, est prête à relever un défi : proposer un verre à un inconnu ou laisser balader ses mains sur le corps de son conjoint! La sérotonine se joint au ballet moléculaire : coupe-faim, inhibitrice de l’envie de dormir, elle permet de tourner l’attention vers un seul but, l’autre!
« Prudence, nuance Esther Perel. Les hormones ne sont qu’une partie du puzzle. Une femme doit aussi avoir le temps de se sentir relaxée, joueuse et sexy. » Et c’est là que le bât blesse. Ecrasées sous des emplois du temps herculéens, les femmes ne prennent plus le temps de laisser vivre leur désir.
L’enquête, « Contexte de la sexualité en France », menée par l’Inserm et l’Ined, fait le compte : 9 femmes sur 10 ont déjà été confrontées à une absence de désir au cours d’une relation de plus de cinq ans. « Je demande souvent à mes patientes: «Quand vous éteignez-vous? », raconte Esther Perel. Elles me répondent que l’éclipse de désir survient quand elles n’ont pas le temps d’aller au ciné ou de voir leurs amies… Dans une vie où l’on se prive de tout, comment avoir du désir? »
«On peut rester amoureux sans plus éprouver de désir… »
Un ralentissement dans leur vie sexuelle, tous les couples en connaissent. « Au début d’une relation, le désir érotique va de pair avec la naissance du sentiment. Avec le temps, ce lien évolue: on peut rester amoureux, sans plus éprouver de désir, ou bien désirer, sans être amoureux », rappelle Esther Perel.
Mais en nous bombardant d’images érotiques, la société envoie un message culpabilisant. Même la justice s’en mêle : fin 2011, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamné un homme à payer 10 000 Euros de dommages et intérêts à son épouse pour absence de relations sexuelles pendant plusieurs années!
La science confirme ce grand écart entre attentes démesurées et réalité. En février 2012, des chercheurs de l’université de Guelph (Canada) ont passé à la loupe le désir d’hommes et de femmes en couple. Verdict: chaque mois, le désir des femmes, évalué grâce à un index allant de 1,2 à 6, s’émousse de 0,02 point.
Après dix ou quinze ans de relation, l’appétit sexuel prend donc un sérieux coup dans l’aile. «Historiquement, le désir des hommes devait rester élevé afin de produire une descendance nombreuse, alors que le désir des femmes devait diminuer, afin que leur attention se tourne vers l’éducation des enfants », avance Sarah Murray, coauteur de l’étude. En effet, des changements hormonaux apparaissent quand les couples passent du stade passionnel au stade compassionnel, après 6 à 30 mois de relation.
En cause : la testostérone, dont le taux diminue avec le temps. S’y ajoutent, à la ménopause, une chute des hormones féminines et son cortège de conséquences psychologiques et physiques, entraînant une baisse du désir. Malgré tout, aujourd’hui, 90% des femmes de 50 ans poursuivent une activité sexuelle, contre 53% en 1970. L’érosion du désir ne serait donc pas inexorable. Hélas, selon l’enquête Lilly, 47 % des personnes n’osent pas parler d’une chute de libido à leur partenaire. Dommage, car il suffit parfois d’ouvrir le dialogue pour débloquer la situation et faire renaître le désir.
Le désir
par un collectif de psy
Le désir a des ailes, nous montrait le cinéaste Wim Wenders, car il propulse la vie psychique de l’être humain. Sur son chemin, alors qu’il se voyait atteindre les étoiles, il rencontre obstacles, douleurs, frustrations ; il rencontre la sexualité.
Voici de que nous dit le Dictionnaire historique de la Langue Française, dans le vif de notre sujet : « Désirer provient du mot latin desirare qui signifie littéralement « cesser de contempler l’étoile, l’astre », d’où moralement constater l’absence de, avec une forte idée de regret. Mais l’idée première « regretter l’absence » a tendu à s’effacer derrière l’idée positive et prospective de « chercher à obtenir, souhaiter », déjà usuelle en latin et qui correspond au sémantique astral (demander la lune etc.)
C’est ce sens qui est passé en français spécialisé pour aspirer aux faveurs d’une femme, dans un contexte galant, ce type de contexte étant plus nettement différencié pour désir.
Le désir pourrait donc être considéré comme l’agent et l’indice continuel du travail de transformations psychiques. Il est en quête de retrouvailles avec ce que nous avons perdu à tout jamais : la première expérience de satisfaction pulsionnelle. S’il est donc voué à cette première expérience et à l’excitation qui en résulte, il prend forme grâce aux signes qui réveillent cette situation de satisfaction du besoin.
Pour Freud le désir est inconscient et nous mène sur les traces de l’infantile, de la sexualité infantile. Il tend donc à s’accomplir et à se réaliser ; c’est pourquoi il est étroitement lié au travail du rêve, à la théorie du refoulement et du fantasme. Nos désirs voyagent dans le temps tout à la fois tournés vers les traces mnésiques de nos expériences premières et ouverts sur l’objet, sur l’autre, sur l’inconnu. Ils sont ainsi étroitement liés au travail de deuil.
Pour Lacan, le désir naît de l’écart entre le besoin et la demande (demande d’amour adressée à autrui). Ancré dans la vie fantasmatique il est désir du désir de l’autre en tant qu’il cherche à être reconnu absolument par lui. Le désir part en quête d’un objet qui fasse signe et qui se prête à être connu. Il devient alors désir de découverte de l’inconnu en soi et en l’autre. Il pousse à la recherche de signification de ce qui s’est absenté et de ce qui manque. C’est ainsi qu’il se décline en une diversité de figures qui jalonnent la vie de l’être humain : désir sexuel, désir de connaître, désir d’enjeux, désir d’écrire etc.
Les enjeux du désir de révèlent au sein de toute relation objectale. L’objet restera à jamais énigmatique à connaître et à déchiffrer.
Tel est le voyage psychique auquel nous sommes conviés.
« Le désir », Cahiers de psychologie clinique, 2003/2 (n° 21)
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Pour une belle inconnue
Antoine Livic
La ville s’éveillait, on ouvrait les barrières.
J’ai vu entrer une femme, étoile dans ce faubourg,
Illuminant ma nuit mieux que l’astre du jour
Ne fait éclore dans l’aube une rose trémière.
Ayant passé le pont, dans l’ombre de la Tour
Elle apparut soudain, grande, noble et altière.
Son visage rayonnant baignait dans la lumière
Qui donnait aux choses la douceur du velours.
Un éclair de ses yeux vint blesser ma paupière
Allumant dans mon coeur une passion singulière
Et fit naître ce chant d’un pauvre troubadour :
« Quel sort m’as-tu jeté, princesse ou bien sorcière,
Pour que ma vie ne soit qu’espérance et prière
Pour toi, belle inconnue dont j’attends le retour ? »
Antoine Livic, Chants d’écume suivi de Fleurs fanées, 2017
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Qu’est-ce que le désir
Par Frederika Van Ingen
Subtil cocktail de confiance en soi, de complicité et de molécules, il apparaît en un clin d'oeil. Mais peut s'envoler aussi vite...
Ce peut être en voyant sa moitié, au petit matin, sur les draps froissés. Ou lors d’un échange de regards à un dîner entre amis. Ou encore après avoir passé une bonne journée avec les enfants. Comment naît le désir?…
Chacun a ses raisons que la raison ignore. « C’est un cocktail biologique, psychologique et existentiel», répond la psychothérapeute Esther Perel. Un jeu entre les hormones, le rapport à l’autre et à soi-même. Dans cette alchimie, les sens mènent souvent la danse, et pour les affoler, rien ne vaut le toucher.
Une caresse, et 87 % des personnes, hommes comme femmes, fondent, selon une enquête du laboratoire Lilly. Truffée de récepteurs sensoriels, la peau ainsi effleurée entraîne la libération, dans le cerveau, d’ocytocine et d’endorphines, médiateurs de l’attachement et de la relaxation.
La vue fait aussi son effet, même si les femmes y sont deux fois moins sensibles que les hommes: 27% contre 53 %!
Mais selon le sexologue et anthropologue Philippe Brenot, qui a interrogé 3 000 femmes, « l’odorat est le plus sulfureux de tous les sens ». En effet, contrairement aux autres stimuli sensoriels, les informations olfactives ne passent pas par le sas du thalamus. Elles filent direct vers l’amygdale, structure phare des émotions. Puis gagnent l’hippocampe, impliquée dans la mémoire. Et marquent donc durablement le cerveau de leur empreinte.
Un timbre de voix, une parole, un sourire, des petits riens extérieurs peuvent donc déclencher le désir. Mais pas seulement: une émotion interne, un souvenir agréable ont aussi ce pouvoir. Cependant, les femmes n’ont pas toujours conscience de ce qui a attisé leur élan sexuel.
En novembre 2008, Stéphanie Ortigue et Francesco Bianchi-Demicheli, professeurs à l’université de Genève, ont montré des photos d’inconnus à des volontaires équipées d’électrodes et leur ont demandé ce qu’elles éprouvaient. D’après les électroencéphalogrammes, en cas d’attirance, les zones concernées s’embrasent en 150 millisecondes, bien avant que le désir parvienne à la conscience. Selon les chercheurs, cette pulsion naît donc par des phénomènes automatiques, notamment des associations à des souvenirs. Mais toutes les femmes ne sont pas égales.
En février 2012, le même duo de chercheurs a ausculté le cerveau des femmes lorsqu’elles regardaient des images érotiques. Or, chez les volontaires à la libido vacillante, le sang afflue moins vers les zones impliquées dans les émotions. A l’inverse, les régions liées aux fonctions cognitives supérieures s’emballent. En clair: ces femmes cogitent trop, par exemple sur leurs complexes.
« D’autres facteurs interviennent, complète Sylvain Mimoun, gynécologue. Ainsi, la mémoire du corps : plus une femme a l’habitude d’éprouver du désir et de faire l’amour, plus elle retrouve facilement les chemins menant à l’excitation. De plus, le taux de testostérone varie selon les individus. » Or cette hormone, sécrétée par les femmes en moins grande quantité que par les hommes (40 à 60 % de moins), est indissociable du désir.
A l’envoi d’un stimulus, une tempête se déclenche sous le crâne féminin
Ce n’est d’ailleurs pas la seule à jouer un rôle primordial dans la mécanique de l’attirance. En effet, lors de l’envoi d’un stimulus (caresse, regard), une tempête se déchaîne sous le crâne féminin. Le cerveau libère de la dopamine, hormone et neurotransmetteur indispensable au plaisir, puis le flot gagne le striatum ventral, une structure impliquée dans le circuit de la récompense. Ce système, qui s’active aussi quand nous mangeons, pousse à réitérer les actions ayant mené aux plaisirs déjà savourés. Enfin, la dopamine inonde l’amygdale, siège de la mémoire émotionnelle, le cortex préfrontal, clé de la réflexion, et le noyau accumbens, qui pousse à l’action.
La femme, transie de désir, est prête à relever un défi : proposer un verre à un inconnu ou laisser balader ses mains sur le corps de son conjoint! La sérotonine se joint au ballet moléculaire : coupe-faim, inhibitrice de l’envie de dormir, elle permet de tourner l’attention vers un seul but, l’autre!
« Prudence, nuance Esther Perel. Les hormones ne sont qu’une partie du puzzle. Une femme doit aussi avoir le temps de se sentir relaxée, joueuse et sexy. » Et c’est là que le bât blesse. Ecrasées sous des emplois du temps herculéens, les femmes ne prennent plus le temps de laisser vivre leur désir.
L’enquête, « Contexte de la sexualité en France », menée par l’Inserm et l’Ined, fait le compte : 9 femmes sur 10 ont déjà été confrontées à une absence de désir au cours d’une relation de plus de cinq ans. « Je demande souvent à mes patientes: «Quand vous éteignez-vous? », raconte Esther Perel. Elles me répondent que l’éclipse de désir survient quand elles n’ont pas le temps d’aller au ciné ou de voir leurs amies… Dans une vie où l’on se prive de tout, comment avoir du désir? »
«On peut rester amoureux sans plus éprouver de désir… »
Un ralentissement dans leur vie sexuelle, tous les couples en connaissent. « Au début d’une relation, le désir érotique va de pair avec la naissance du sentiment. Avec le temps, ce lien évolue: on peut rester amoureux, sans plus éprouver de désir, ou bien désirer, sans être amoureux », rappelle Esther Perel.
Mais en nous bombardant d’images érotiques, la société envoie un message culpabilisant. Même la justice s’en mêle : fin 2011, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamné un homme à payer 10 000 Euros de dommages et intérêts à son épouse pour absence de relations sexuelles pendant plusieurs années!
La science confirme ce grand écart entre attentes démesurées et réalité. En février 2012, des chercheurs de l’université de Guelph (Canada) ont passé à la loupe le désir d’hommes et de femmes en couple. Verdict: chaque mois, le désir des femmes, évalué grâce à un index allant de 1,2 à 6, s’émousse de 0,02 point.
Après dix ou quinze ans de relation, l’appétit sexuel prend donc un sérieux coup dans l’aile. «Historiquement, le désir des hommes devait rester élevé afin de produire une descendance nombreuse, alors que le désir des femmes devait diminuer, afin que leur attention se tourne vers l’éducation des enfants », avance Sarah Murray, coauteur de l’étude. En effet, des changements hormonaux apparaissent quand les couples passent du stade passionnel au stade compassionnel, après 6 à 30 mois de relation.
En cause : la testostérone, dont le taux diminue avec le temps. S’y ajoutent, à la ménopause, une chute des hormones féminines et son cortège de conséquences psychologiques et physiques, entraînant une baisse du désir. Malgré tout, aujourd’hui, 90% des femmes de 50 ans poursuivent une activité sexuelle, contre 53% en 1970. L’érosion du désir ne serait donc pas inexorable. Hélas, selon l’enquête Lilly, 47 % des personnes n’osent pas parler d’une chute de libido à leur partenaire. Dommage, car il suffit parfois d’ouvrir le dialogue pour débloquer la situation et faire renaître le désir.
Par Frederika Van Ingen
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